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19ème rappel du massacre de Fréau Jardin : Quel bilan au milieu de l’ambiguïté entretenue devant la CVJR ?

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25-01-1993Il y a 19 ans ! 19 ans qu’un vent d’effroi et de terreur indescriptible a soufflé sur toute la ville de Lomé au soir d’un rassemblement-meeting organisé par des leaders de l’opposition, en vue de demander aux yeux de la communauté internationale plus de liberté pour le peuple togolais. En effet ce jour-là, alors que des milliers de Togolais investissaient la place Fréau pour ce grand meeting, le régime militaire togolais dirigé de main de fer par feu Gnassingbé Eyadéma et ses sbires, ont décidé d’en découdre sans pitié avec les manifestants. Pourtant inoffensifs et sans armes.

Le Ministre français de la Coopération (Marcel Debarge) et son homologue allemand (Helmut Schäfer) étaient alors en visite au Togo pour aider à trouver une solution à la crise. Leur présence n’a donc pas empêché les massacres de Fréau Jardin ce 25 janvier 1993. Symbole d'une manifestation pacifique, plusieurs manifestants étaient vêtus de blanc et une bougie à la main.

19 ans après, c’est le moment de s’arrêter une nouvelle fois et de se poser des questions. Cette fois plus que jamais, les plus appropriés et réelles. Car, d’abord, les travaux de la Commission vérité justice et réconciliation (CVJR) sensés apporter des éclairages sur ces faits crapuleux d’un autre siècle ne font que renforcer le flou autour de ce crime, pourtant clairement préparé et exécuté par la police politique du pouvoir. Il n’y a aucun doute là-dessus.

Ensuite, parce que jusqu’à ce jour, l’armée ou les forces abusivement dites de l’ordre réfutent toute responsabilité dans cette affaire en évoquant une nébuleuse d’éléments incontrôlés, devenus finalement sa seule pièce à conviction. Enfin, il y a lieu de s’inquiéter car les bourreaux sont là. Ils circulent, libres de tout mouvement et disposent encore de machines de répressions de leurs côtés et sont alors susceptibles d’en commettre encore à volonté, aussi longtemps que le RPT est aux commandes dans un Togo d’impunité.

 

Depuis le 25 janvier 1993, la moindre lumière n’a jamais été faite sur cet odieux massacre.
En novembre dernier, alors qu’ils étaient invités à témoigner à la barre de la CVJR sur ces faits, Agbéyomé Kodjo, Ministre de l’intérieur à l’époque des faits semblait accuser l’opposition, pourtant organisatrice du meeting. Et le Pr Gnininvi, alors l’un des grands leaders engagés dans cette organisation était paradoxalement mis en cause par Agbéyomé Kodjo qui argue l’avoir prévenu. Agbéyomé Kodjo, en tant que ministre de l’Intérieur, devrait normalement prendre les dispositions nécessaires pour empêcher les tueries. A défaut, qui étaient les auteurs ? Les véhicules utilisés portent pourtant des numéros et appartiennent à un corps.  L’honorable Komikpim Bamnate du RPT, supposé informateur d’Agbéyomé Kodjo et très proche du feu Colonel Djoua au moment des crimes, n’a réussi qu’à s’insurger contre les accusations. Cela donne lieu à un jeu de puzzle très délicat à reconstituer. Mais bien d’autres témoignages ont chargé Agbéyomé Kodjo. On pourra citer, entre autres, celui de Bassirou Ayéva, coordinateur général du Mouvement patriotique du 5 octobre (MO5) à l’époque des faits.

 

Espérons que la justice, qu’elle soit transitionnelle ou autre puisse apporter de réelles précisions sur ces faits et donner du baume au cœur des familles, dont certaines peinent à se remettre de ces drames.

( www.mo5-togo.com )

 

 

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