Il y a 19 ans ! 19 ans qu’un vent d’effroi et de terreur indescriptible a soufflé sur toute la ville de Lomé au soir d’un rassemblement-meeting organisé par des leaders de l’opposition, en vue de demander aux yeux de la communauté internationale plus de liberté pour le peuple togolais. En effet ce jour-là, alors que des milliers de Togolais investissaient la place Fréau pour ce grand meeting, le régime militaire togolais dirigé de main de fer par feu Gnassingbé Eyadéma et ses sbires, ont décidé d’en découdre sans pitié avec les manifestants. Pourtant inoffensifs et sans armes.
19 ans après, c’est le moment de s’arrêter une nouvelle fois et de se poser des questions. Cette fois plus que jamais, les plus appropriés et réelles. Car, d’abord, les travaux de la Commission vérité justice et réconciliation (CVJR) sensés apporter des éclairages sur ces faits crapuleux d’un autre siècle ne font que renforcer le flou autour de ce crime, pourtant clairement préparé et exécuté par la police politique du pouvoir. Il n’y a aucun doute là-dessus.
Ensuite, parce que jusqu’à ce jour, l’armée ou les forces abusivement dites de l’ordre réfutent toute responsabilité dans cette affaire en évoquant une nébuleuse d’éléments incontrôlés, devenus finalement sa seule pièce à conviction. Enfin, il y a lieu de s’inquiéter car les bourreaux sont là. Ils circulent, libres de tout mouvement et disposent encore de machines de répressions de leurs côtés et sont alors susceptibles d’en commettre encore à volonté, aussi longtemps que le RPT est aux commandes dans un Togo d’impunité.
Espérons que la justice, qu’elle soit transitionnelle ou autre puisse apporter de réelles précisions sur ces faits et donner du baume au cœur des familles, dont certaines peinent à se remettre de ces drames.
( www.mo5-togo.com )
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