Notre confrère Max Savi Carmel, du magazine Tribune d’Afrique, est tombé dans un véritable traquenard. Jeudi 09 février dernier, Il devait rencontrer "une cliente" devant le siège du Ministère de la Communication, dans le cadre d’une investigation sur une affaire de mœurs liée à un baron du régime. En lieu et place du témoin, ce sont deux gendarmes qui "sautent" dans sa voiture, le font rentrer dans une "Camry garée près de la Sureté Nationale du Togo" et le conduisent directement dans les locaux des "Services de Renseignements et d’Investigation (SRI)".
Un certain capitaine AKAKPO, gendarme de son état, connu des Loméens pour son aversion des marches du FRAC et de son leader, Jean-Pierre Fabre, et le colonel Yark Damhane, ont été les principaux auteurs de l’interrogation.
On ne porte pas plainte contre un corps habillé, on regrette toujours.
Le journaliste Max Carmel, a décidé de porter plainte pour "enlèvement et séquestration". Aux dernières nouvelles, Max Carmel aurait reçu des coups de fils anonymes menaçants. "Vous savez que vous êtes vulnérable vous ne pouvez pas aller en guerre contre le pouvoir ni même la gendarmerie, soit on vous atteint physiquement, soit on vous atteint par le moyen que vous connaissez je suis lectrice de votre journal et je veux vous voir vivant, attention, Monsieur Max ", aurait dit la personne au téléphone. Avant d’ajouter avec une menace à peine voilée: " on ne porte pas plainte contre un corps habillé, on regrette toujours".
Le Magazine Tribune D’Afrique avait été condamné à 63 millions Cfa d’amende dans le cadre d’un procès sous l’instigation de Mey Gnassingbé, avant de voir sa peine réduite de moitié. Le magazine avait cité Mey Gnassingbé dans une affaire de drogue aux Etats-Unis.
Cette affaire de rapt du journaliste, intervient à la veille de marche des ODDH (Organisation de défense des droits de l’homme du Togo) pour exiger la publication d’un rapport de la CNDH (Commission nationale des droits de l’homme) sur les tortures qu'auraient subies par Kpatcha Gnassingbé et co-accusés à l’ANR (Agence nationale du renseignement).
Kpatcha Gnassingbé et co-accusés avaient fait état d’allégations de torture et de traitements inhumains et dégradants lors des auditions au tribunal, allégations dont a peu tenu compte le juge Abalo Petchelebia, membre du RPT. Le chef d’Etat-major actuel, Atcha Titikpina s’est d’ailleurs rendu célèbre avec une vérité éclatante de la banalité de la torture dans les services de sécurité du Togo : "Quand on a torturé les gens, est-ce que quelqu’un est mort ? Quand les gens ne veulent pas dire la vérité, que voulez vous qu’on fasse ?", a-t-il dit au juge Petchelebia dont la toge n’a même pas sursauté !
Un président à la merci des services de renseignements ?
Le colonel Macina de l’ANR, le Colonel Yark Damehane de la Gendarmerie nationale et des SRI, sont la face visible du régime de terreur instauré insidieusement par Faure Gnassingbé depuis 2005, date de son entrée massacrante et sanglante au Palais de la Marina. Le cas de Macina a été cité à plusieurs reprises dans des affaires de torture à l’ANR, sans que le chef de l’Etat prenne des mesures conséquentes. Tout récemment, il a été cité comme auteur de saisies de plusieurs milliards Cfa sur des commerçants togolais et étrangers. Malgré une décision de la Cour d’Appel lui intimant une mainlevée partielle sur les fonds saisis, l’affaire n’est toujours pas réglée. Faure Gnassingbé serait incapable de mettre de l’ordre dans ses services de renseignements et dans l’armée. Il est de plus en plus timoré devant les agissements des hommes qui l’ont porté au pouvoir et l’ont aidé à se débarrasser de son bouillant demi-frère Kpatcha.
Visiblement, il semble qu’on est atteint un degré critique du pouvoir des Gnassingbé. Le Président serait à la merci des services de renseignements dont les dirigeants ont acquis une inimaginable puissance politique depuis l’affaire Kpatcha Gnassingbé.
(www.mo5-togo.com)
Photo: Web
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