L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) vient de signer le 23 septembre dernier un accord aérien dans lequel elle ouvre totalement son espace aérien aux compagnies de l’Union Européenne. La réunion tenue à Lomé a porté sur la mise en œuvre de l’«Accord horizontal» sur les liaisons aériennes entre les Etats membres de l’Union européenne (UE) et de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). Il porte notamment sur des procédures de désignation et d’autorisation des compagnies aériennes à opérer dans les deux zones géographiques, le contrôle effectif et la taxation du carburant.
Selon le ministre togolais de la protection civile et directeur de l’aviation civile togolaise, « les arrangements devraient permettre d’améliorer la desserte aérienne internationale en libéralisant les liaisons UE / UEMOA créant ainsi une saine concurrence au bénéfice des passagers ».
En réalité, l’UEMOA qui est une zone économique et politique sous domination française vient de léguer tous les droits de trafics aériens dans son espace aux compagnies européennes, surtout à AIR FRANCE.
Depuis la mort d’AIR AFRIQUE, AIR France a fait main basse sur l’essentiel du trafic de l’Afrique de l’Ouest à destination de l’Europe. Selon Gervais DJONDO, le président d’ASKY, AIR France réalise ses bénéfices sur l’Afrique où les prix du transport sont prohibitifs. A la suite d’Air France les compagnies européennes vont également atterrir sur la manne. L’espace UEMOA étant une zone de trafic important.
Dans une partie de l’accord, on encourage les compagnies aériennes de l’espace UEMOA à « un rapide développement ». Or toutes les compagnies nationales de ces pays battent de l’aile. AIR BURKINA, qui semble avoir une relative santé économique, n’a pas assez de flotte et AIR SENEGAL, depuis son abandon par Royal AIR MAROC, s’empêtre toujours dans les difficultés financières tandis qu’AIR IVOIRE est encore touchée par la crise ivoirienne. Le Togo, la Guinée-Bissau, le Niger et le Mali n’ont pas de compagnie digne de ce nom. Visiblement, l’UNION EUROPEENNE et AIR France n’ont pas de réelle concurrence.
Ou si : la seule concurrence est bien entendu ASKY, la compagnie aérienne panafricaine que GERVAIS DJONDO dirige en partenariat avec ETHIOPIAN, la compagnie éthiopienne, la meilleure d’Afrique. Les deux compagnies qui tissent des relations avec d’autres compagnies aériennes africaines dont South Africa Airways et Kenya Airways, essaient de dresser un maillage du continent. Asky dispose avec Ethiopian, relativement, d’une importante flotte aérienne et attend acquérir dans les prochains mois d’autres appareils.
L’accord présent signé par les pays de l’UEMOA devrait limiter ETHIOPIAN, le partenaire stratégique d’ASKY. Et c’est ici qu’il faut voir que les Africains viennent de se tirer une balle dans le pied en négociant en position de faiblesse. Déjà, le Sénégal et la Côte d’Ivoire, fourriers de l’impérialisme français en Afrique occidentale, rechignent à accorder des droits de trafic supplémentaires à Asky.
Il apparaît de plus en plus en clair que les compagnies occidentales essaient d’étouffer dans l’œuf le développement d’une grande compagnie africaine. Et ce avec la complicité des hauts-fonctionnaires africains.
Dans des pays normaux, les groupes sociaux devraient dénoncer un tel accord. Mais il n’en sera rien.
Afrique, notre Afrique !
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