23 jours seulement pour étudier, analyser, demander des clarifications, amender et adopter le projet de loi de finances 2012 proposés par le gouvernement de Gilbert Houngbo. Adopter le fameux texte au plus tard le 30 décembre, selon la Commission des finances de l’Assemblée. De manière implicite, le gouvernement togolais met sous pression les députés qui devront travailler intensément. Le budget sur lequel planche l’Assemblée nationale a été estimé à 632 milliards de Fcfa en ressources et à 643 milliards en dépenses, soit avec un déficit acceptable de 11 milliards de francs.
Le budget togolais se confectionne dans une relative opacité. Voici ce qu’en dit le ministre de l’économie et des finances, Adji Otèth Ayassor, qui ne connaît de l’économie que l’aspect rébarbatif de la fiscalité : «Ce projet de loi vise, comme pour les années précédentes, au renforcement de la fiscalité intérieure pour en améliorer le rendement et l’efficacité tout en respectant les dispositions de l’UEMOA et en tenant compte des aspects sociaux de l’impôt », a-t-il expliqué devant les députés, mercredi dernier.
Cela suppose que le ministre donne peu d’importance aux secteurs que sont la santé, l’éducation et l’agriculture, en dépit des efforts que le gouvernement vient d’annoncer avoir fait pour les universités du Togo. Ce qui sous-entend que ces efforts sont en effet nuls.
Sous l’injonction du FMI et de la Banque mondiale, il continue sa politique de la rigueur et de l’austérité, se contentant de réduire les dépenses dans les secteurs sociaux, tout en augmentant celles conférées à la Présidence de la République et à l’armée. Le train de vie des hauts cadres de l’Etat est scandaleux, les véhicules de fonction sont hautement chers et l’entretien, coûteux. Mais cela, le ministre ne le voit pas du tout.
Juste avant la présentation de ce budget devant l’Assemblée nationale, les enseignants auxiliaires se sont mis en grève, demandant leur titularisation. Car au Togo, il y a deux formes d’enseignants, disposant des mêmes qualifications et payés différemment pour le même travail. Les étudiants des deux universités réclament l’augmentation de la bourse à telle enseigne qu’à Kara, on a assisté hier à une véritable insurrection. La grogne couve toujours dans le milieu hospitalier. Et pourtant la Commission des finances travaille dans le black-out total, en vase clos, loin des soubresauts sociaux. L’adoption d’un budget revêt tout de même un caractère crucial dans la vie d’une nation. Mais, hélas, ce travail se passe dans l’indifférence totale de la population et des organisations de la société civile ! La société civile togolaise, peu habituée à l’exercice de la démocratie, entretient très peu de rapports avec les députés à l’Assemblée pour arriver à peser sur leurs décisions… au cas où ces élus seraient conscients du caractère sacré de leurs voix. C’est ce qui se fait ailleurs.
Depuis octobre 2007, date des dernières législatives, l’Assemblée nationale fonctionne comme au temps du parti unique.
( www.mo5-togo.com )
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