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JOSEPH NDIAYE, JE ME SOUVIENS

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Le 6 février 2009, s’éteignait à 86 ans le Sénégalais le plus connu dans le monde après le poète-président Senghor, Joseph Ndiaye! Il fut pour moi dans les années 1980, une révélation.

Très peu d’hommes de talent ont su associer autant que Joseph Ndiaye leur nom à toute une île. Son empreinte sur Gorée rappelle admirablement celle de Césaire sur la Martinique. Le Conservateur de la Maison des Esclaves s’est donné tout entier à la cause de l’homme noir. Avec lui disparaît un des plus dignes gardiens de la mémoire.

De Joseph Ndiaye, outre les marques d’amitié, je garde surtout le souvenir d’une promenade à Gorée qui résiste le mieux au temps: La mer caressait sans rage la rade de la belle dorée. J’avais les yeux fixés sur ses fluctuations, comme s’il s’agissait d’attendre des confidences du témoin de la grande et longue tragédie négrière. Alors, semblable à un exégète de cette mer, Joseph Ndiaye me racontait Gorée. L’intensité d’émotion semblait remonter les effluves des souffrances des pères de mes pères, les offenses à mes ancêtres. J’avais la gorge nouée par les larmes que produit l’émotion d’un souvenir rare et grave.

Merci monsieur le Conservateur en chef, merci Joseph Ndiaye!

 


Photo: Joseph Ndiaye et Eloi Koussawo, sur l’île de Gorée, 1989.
 

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