Christine Lagarde, Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), s’est rendue au Nigeria courant décembre 2011. Peu après son départ de Lagos, Jonathan Goodluck a supprimé les subventions publiques sur le carburant, ce qui a multiplié le prix du litre d’essence par plus de deux. Autrement dit une augmentation de plus de 100%.
Il est donc plus qu’évident que Jonathan Goodluck a pris cette décision funeste, soit par complaisance vis-à-vis de la présidente du FMI, soit sous la pression de l’Institution qu’elle dirige.
Depuis les années 80, le continent africain tout entier a été durement soumis par la Banque mondiale et le FMI aux politiques dites d’ajustement structurel (PAS), avec la complicité et/ou une complaisance coupable de la classe dirigeante des divers Etats néocoloniaux du Continent. Ces Institutions du monde occidental avaient déjà imposé cette politique de misère au sous-continent latino américain. Tout le monde convient aujourd’hui que, tout comme en Amérique latine, elle s’est traduite par une plus grande pauvreté de masse, un endettement injustifié des Etats concernés et une dépendance accrue des populations à l’égard des grandes puissances du Nord, en particulier des anciennes puissances coloniales.
Prise par complaisance ou par soumission aux injonctions de la directrice générale du FMI, la décision de Jonathan Goodluck aggrave la pauvreté de masse et la misère populaire au Nigeria. La réaction populaire contre cette décision est donc pleinement justifiée, de même que le mot d’ordre de grève générale et illimitée lancé par les syndicats nigérians. Il est inadmissible que l’immense richesse pétrolière du Nigeria, au lieu d’améliorer les conditions de vie du plus grand nombre dans le pays, devienne au contraire une source de paupérisation et de misère pour la grande masse de la population nigériane. Et il est inacceptable que, cinquante ans après son indépendance, 40% de la population d’un pays aussi richement doté par la nature vivent dans la pauvreté extrême, 80% de ces pauvres étant dans le milieu rural.
Mais plus que cela, personne n’ignore l’importance économique du Nigéria dans la sous‑région ouest africaine. Nombre de pays de cet espace sous-régional dépendent plus ou moins étroitement du marché nigérian pour les produits de grande consommation provenant de ce pays, notamment le carburant et les sous-produits du pétrole. Parmi ces pays viennent en premier lieu le Bénin, le Togo, le Niger, le Burkina… La décision de Jonathan Goodluck affecte plus ou moins durement les populations de ces Etats.
En conséquence, la décision du chef de l’Etat nigérian ne concerne pas seulement les peuples du Nigéria, mais presque tous les peuples de la sous-région ouest-africaine. Les organisations syndicales du Bénin, du Togo, du Burkina, du Niger…, ainsi que les partis politiques démocratiques de ces pays plus ou moins victimes de la décision, devraient donc soutenir la cause défendue par les syndicats et les masses populaires nigérians. Pas seulement par simple solidarité, mais par communauté d’intérêt.
Dans tous les cas, le Bureau Exécutif National de la CDPA-BT apporte le soutien total du Parti à la lutte engagée par les syndicats et les masses populaires du Nigeria contre la suppression de la subvention et ses conséquences inévitables. La CDPA-BT attire l’attention sur le fait que la suppression de la subvention est, avant toutes choses, une décision idéologiquement orientée sous la pression du FMI. Elle ne contribuera en rien à l’amélioration des conditions d’existence de la grande masse de la population nigériane. Au contraire, elle est de nature à aggraver la pauvreté et la misère dans le pays.
Le Nigeria est membre de la CEDEAO. Si cette institution sous-régionale vieille de plus de 30 ans n’avait pas été vidée de son contenu actif par une classe dirigeante complice de l’exploitation des masses populaires ouest-africaines, Jonathan Goodluck n’aurait pas pu prendre une décision aussi grave pour les peuples du Nigéria et ceux de la sous-région, sans une discussion préalable au sein de l’espace sous-régional ; et, pourquoi ne pas le dire, sans une consultation des peuples de la CEDEAO.
La décision de Jonathan Goodluck, qui a enflammé le Nigeria, pose donc le problème de la nature, des objectifs et du mode de fonctionnement de la CEDEAO. Et elle pose, du même coup, le problème non moins fondamental de la démocratie dans les Etats de la sous-région.
Il faut terminer sur un point encore plus important. Le pétrole est découvert au Nigeria en 1956. Le pays a obtenu son indépendance totale en 1960. Les réserves pétrolières exploitables sont estimées à 36 milliards de barils en 2007. Le Nigeria est l’un des plus grands producteurs de l’or noir en Afrique et le 15ème producteur mondial en 2008. Le revenu tiré de l’exportation du pétrole s’est élevé à 34 milliards d’Euros (222,7 milliards de francs cfa) en 2006. Le pétrole représente 95% des recettes d’exportation et 80% des revenus fiscaux du pays. 40% de la production est assurée par Shell, une multinationale anglo-hollandaise. Le Nigeria est le 8ème exportateur mondial de pétrole brut, avec 42% des livraisons vers les Etats Unis.
Le Nigeria dispose bien entendu de 4 raffineries ; mais elles sont sous-exploitées. Le 8ème exportateur mondial de pétrole se trouve ainsi dans l’obligation d’importer la plus grande partie de ses besoins domestiques en produits pétroliers, d’où l’obligation pour le gouvernement de subventionner l’essence acheté de l’extérieur, pour mettre son prix à la portée des Nigérians dont plus des 2/3 vivent au-dessous du seuil de pauvreté.
On a plus souvent expliqué cette situation paradoxale par le haut niveau de la corruption au sein de la classe dirigeante nigériane. C’est un fait reconnu que la corruption est une gangrène dans ces Etats néocoloniaux africains où l’absence de démocratie rend la gestion des ressources nationales opaque, au profit d’une minorité de nationaux et de leurs alliés étrangers.
Mais l’incapacité du Nigeria à subvenir aux besoins de sa population en une ressource, dont le pays regorge pourtant, s’explique en réalité par l’orientation exportatrice de la politique économique nigériane. Tous les autres pays de la sous-région sont dans la même situation. Il en est résulté une extraversion économique, un des obstacles essentiels à la mise en place d’une économie sous‑régionale intégrée, portée par une industrie puissante.
Sous la pression de la masse de la population et des syndicats, Jonathan Goodluck a fait un petit pas en arrière. Mais la revendication populaire n’est pas satisfaite. Et le prix du carburant reste toujours élevé. Plus aucun doute : ce n’est pas par l’augmentation continuelle des prix et la privatisation à tout vent que l’on parviendra à résoudre le problème de la pauvreté et de la misère en Afrique de l’ouest.
A la CDPA-BT, nous réaffirmons donc qu’une véritable intégration politique, économique et financière de l’espace CEDEAO est une nécessité historique.
Fait à Lomé le 23 Janvier 2012.
Pour la CDPA-BT,
Son Premier Secrétaire
Prof. E. GU-KONU
| < Précédent | Suivant > |
|---|








Commentaires
michigan car insurance cheapest insurance for new drivers. car insurance southern california. house insurance comparisons the cheapest car insurance company. Citer
лендлиз
установка cms Citer
заказать футболку kickboxing купить футболку с PokerStars. ac dc эмблема группы. красивые и модные футболки, купить футболку с бартом. Citer
equity loans and vacant land debt consolidation credit counseling ga. credit card debt for senior citizens. neighborhood credit union stl mo, macdill credit union. Citer
homedepot credit card paymenst, bristol teachers federal credit union. national free credit check. deparment of education student loans, sd car title loans. Citer
Flux RSS pour les commentaires de ce poste.