plus minus gleich
Accueil |¤¤¤¤| Actualités |¤¤¤¤| Société |¤¤¤¤| Sports |¤¤¤¤| Culture |¤¤¤¤| Santé |¤¤¤¤| International |¤¤¤¤| Economie

Historique du soulèvement populaire du 5 octobre 1990:

Imprimer PDF
Note des utilisateurs: / 7
MauvaisTrès bien 

16 ans déjà d'une révolution de la jeunesse togolaise
5 octobre 2006
Seize ans déjà comme si c’était hier!  Ne pouvant plus avec un régime de plus en plus tyrannique, la jeunesse  togolaise exaspérée a choisi d’étaler la face cachée du pouvoir Eyadéma sur la place publique. Lieu choisi, le palais de justice de Lomé, où s’était tenu le procès du tandem Dossouvi Logo et Agbélenko Doglo, militants de la Cdpa. Ils étaient accusés de confection et de distribution de tracts subversifs.

Fait rarissime au Togo, le soulèvement populaire  du 5 octobre 1990 n’a pas de précédent sous le régime Eyadéma. La colère populaire était à son paroxysme. Le palais de justice qui jouxte la résidence de l’ambassadeur de France, est plein comme un œuf. Pris d’assaut aux premières heures du jour par une véritable marée humaine. Les jeunes, en majorité des élèves et étudiants auxquels se sont joints des chômeurs, ne voulaient à aucun prix, se faire conter le déroulement de ce «procès politique».

Tracts «subversifs»!
A l’époque, ils  étaient nombreux les Loméens à s’arracher les fameux «adoménou» rédigés avec doigté et qui dénonçaient les tares du régime Eyadéma (humiliation dans les rues de Tabligbo suivie du limogeage du Préfet Abotsi Kini-Kini, accusé de braconnage); l’affaire de la Sœur Delphine Gaffa, relatant la mésaventure(…) de cette religieuse intervenue toute seule auprès de Foti, pour demander la réintégration de son parent de préfet, l’assassinat des opposants Adoté Omer, Christophe Lanzo, Clément Kolor, Djagba Laurent, Abdou Kérim, Gaston Gnéhou, Paul Comlan….

La répression étant le propre des despotes, toutes les conditions étaient de mise pour traquer les courageux rédacteurs et distributeurs des «adomenou». La police politique entre en action  dans la nuit du 22 août 1990. Ils procèdent à plusieurs arrestations. Interpellés coup sur coup  les frères Laurent et  Paulin Aboley, Nabine Ouyi, Hope Kalépé Kétomanya, Firmin Têko Yovodévi Djollé, Josué Kossi Efoui, Gustav Ahadji, Tino Doglo Agbélenko alias l’imprimeur, Dossouvi Logo…  sont conduits nuitamment à Akodessewa dans les locaux du service des Renseignements généraux.

L’enfer fut atroce pour ces jeunes qui ont choisi de vaincre la peur pour dénoncer les manipulations du pouvoir Rpt . Les redoutables maîtres dans l’art de la torture n’ont pas chômé. Dirigée par Laokpessi Antoine Atakora qui dirigeait à l’époque la sûreté nationale, l’équipe était composée des commissaires Dogbévi,  Karkassa, Lamboni, Palanga, de l’OPA Lékoutey, Alaza, un policier militaire. Ils se sont servis de toutes les techniques pour extorquer des aveux impossibles à ces jeunes.

Le procès des «tractologues»
Tous seront libérés à l’exception du duo Doglo Agbélenko-Dossouvi Logo, déféré à la prison civile de Lomé. Un premier procès des rédacteurs des «adomenou» eut lieu le 21 septembre 1990, suivi de près par un public monstre. Ce jour-là, l’occasion fut donnée de parler d’importants sujets: l’honneur  et la dignité du dictateur Eyadéma, mais aussi de la torture infligée à des jeunes qui exigent plus de liberté pour le peuple. Le journaliste Logo Dossouvi et l’employé de commerce Doglo, ont fait preuve de courage et de bravoure. Face aux considérations juridiques du procureur Pius Agbétomey, le collège des avocats de la défense (Mes Gally, Apévon, Aquéréburu, Robert Dossou du Bénin) ont  exigé l’annulation de la procédure pour irrégularités. La séance sera levée sur cette phase du procès des «tractologues», un procès politique. Une seconde est prévue pour le 5 octobre suivant.

Le «Vendredi noir»*
Ambiance survoltée! Présente en nombre au palais de justice, la foule fort remuante avait une seule exigence, la libération des deux prévenus. Elle défia la flopée de militaires déversée au palais  et ses alentours.  A bout des nerfs, les jeunes et badauds ont crié et réclamé la libération de Doglo et Logo.

A bas le Monesto! A bas le Rpt! ont-ils farouchement scandé avant de chanter à l’intérieur du palais "Terre de nos aïeux", le véritable hymne national du Togo indépendant interdit jusqu’alors au profit de  l’Unité nationale, celui du Rpt. Les militaires et gardiens de préfecture prennent position, mais ils seront incapables de contenir les manifestants. Ils auront du renfort à la demande du magistrat Abdou Assouma. Des coups de feu partent en direction de la foule. Des manifestants laisseront leur vie. Quatre tués et plus d’une trentaine de blessés, selon un communiqué officiel. Ce fut le sauve-qui- peut un peu partout à Lomé et dans ses environs.

Les symboles du pouvoir sont visés, saccagés ou incendiés. Plusieurs commissariats et postes de police 1er près du cinéma Rex, 3e arrondissement à Kpéhénou, le 7e à Bè- Kpota quartier Blanc-blanc, la Villa Adéwui, siège des RG à Akodésséwa, les agences secondaires du Trésor à Bè et à Nyékonakpoè, le poste de gendarmerie à Akodésséwa-Zorro Bar, mais aussi des véhicules administratifs partiront en fumée….

Le peuple a tenu bon face à la dictature. Les "deux héros" Logo et Doglo vont être libérés le 12 octobre. A coups de pierres, les «Ekpemogs» ont démontré que la dictature  togolaise est vulnérable.

Seize ans après cette manifestation historique, il est important de rendre hommage à tous ceux qui y ont laissé leur vie. Depuis lors, la démocratie peine à prendre corps au Togo. Le courage des jeunes a été récupéré et utilisé autrement. Traqués, la majorité a eu le salut dans l’exil. Le journaliste Dossouvi Logo est au Canada, son ami Doglo en Allemagne. Les frères Aboley en Amérique, Nayone et Yovodévi Djollé en Allemagne, Gustav Ahadji, Koffi Dohnani et Spéro Houmey certainement en Belgique, José Kossi Efoui en France. La liste est longue.

Jusqu’alors, le peuple togolais se cherche, confronté au quotidien à la "démocratie Mapouka" (en référence à la danse ivoirienne) qui fait bouger les fesses.

Réussie un peu partout, la démocratie togolaise, bouge toujours, mais elle n’avance pas pour laisser libre champ au peuple de vaquer sans contraintes à ses occupations et œuvrer pour le véritable développement socio-économique.

Hier l’avocat Koffigoh a brocanté la lutte en s’alliant au camp de la dictature. C’est le tour à présent de son collègue Agboyibo. Le Bélier noir de Kouvé est devenu Premier ministre sous Faure Gnassingbé, le fils du despote Eyadéma. Dans son cabinet, les Pr Gnininvi et Aduayom. Ils y sont au nom de l’union et de la réconciliation. Pauvre Togo!

Louis Dogbé, Etiame.

* La lecture de "Lutter pour ses droits au Togo", ouvrage  écrit par Dossouvi Logo et  paru aux Editions l’Harmattan est recommandée.

 

Commentaires  

 
+1 #1 F0 kossi 2010-10-25 22:21 L'auteur de"lutter pour ses droit au Togo" s'est inversti pour la reelection de faure Gnassingbe, celui la meme qui a confisque la liberte des togolais et bafoue tous les jours que Dieu fait les droits les elementaires des citoyens Citer
 

Ajouter un Commentaire


TRADUCTION DE PAGE



MAISON EN VENTE Á LOMÉ

DAM WORLD TRANS

Commémoration du 27 Avril

IMAGE(S) DU JOUR

enfant-fatigue.jpg

MÉTÉO LOMÉ

An error occured during parsing XML data. Please try again.

LES BONS PLANS

liberte.gif

RECHERCHER

Hommage à Tavio Amorin

Nous faire un don

Recherche

PETITION A SIGNER