LES LECONS DE L’ELECTION PRESIDENTIELLE 2010 : ON NE CONDUIT PAS SA VOITURE EN NE REGARDANT QUE DANS SON RETROVISEUR
En effet, il y avait bien de signes avant coureurs. Mais comme d’habitude, les intellectuels, les médias et la diaspora togolaise n’avait pas pris le temps de les enregistrer et les étudier sans passion. Par paresse intellectuelle ils se sont contentés d’apprécier l’évènementiel alors qu’il fallait s’attarder sur le factuel.
Il ne suffisait pas de sauter comme des cabris et de crier changement ! Alternance ! pour faire évoluer les choses. Demandons-nous maintenant ce que les oppositions parlementaires et extra parlementaires ont concrètement fait depuis les élections législatives de 2007 ? Pourquoi ont-elles attendu la veille de l’élection présidentielle de 2010, pour mettre sur le tapis la question de la candidature unique. Si réellement cette volonté existait, pourquoi ne pas faire comme les Béninois, qui en prémices aux élections présidentielles de 2011 au Bénin, ont commencé déjà à chercher les voies et moyens pour renvoyer Yayi Boni ? Si cette volonté existait pourquoi alors passer près de trois ans à se diaboliser ? Pourquoi avoir attendu la veille des élections pour mettre sur le tapis la question du scrutin à deux tours, alors que dès le début de la législature en cours, il aurait suffit que l’opposition parlementaire dépose une proposition de loi portant l’élection présidentielle à deux tours de scrutin ; certes le RPT n’aurait pas voté ce texte, mais ce faisant il aurait créé une situation favorable pour que l’opposition parlementaire rallie tous les démocrates sincères derrière elle et le peuple avec.
Soyons clair. Nulle force au monde, ne peut gagner une élection et revendiquer avec succès sa victoire après le scrutin, sans un minimum d’organisation. La réussite est toujours le résultat d’un effort conséquent. Aucun n’élève ne peut réussir s’il ne met pas un minimum de chance de son côté. Une telle évidence, Faure l’a compris et s’est appliqué à planifier sa réélection. Après son élection dans le sang, il a certainement compris, qu’il ne peut imposer sa marque qu’en se démarquant du bilan de son père et de ceux qui l’on porté au pouvoir. Il a alors cherché à s’appuyer sur l’opposition pour opérer cette démarcation (tactique ou stratégique ?) de son aile conservatrice réunie autour de son frère Kpatcha, le gardien du temple. Mais l’UFC et le CAR, par calcul politique n’ont pas saisi cette occasion pour affaiblir le système. Mais sans eux, Faure réussit quand même à réduire l’influence de l’aile conservatrice du RPT. Il entreprend alors des réformes, impose ses hommes à la tête de l'armée et enfin initie des chantiers, surtout en milieu rural. Discrètement Faure impose son règne dans les villages et à l'intérieur du pays. Avec l’aide de plusieurs associations, dont certaines sont animés par des ex opposants (Hilaire Logo par exemple) il retourne l'opinion en sa faveur dans plusieurs localités.
Patiemment il pose ses jalons pour sa réélection en 2010. Comme d’habitude, très peu de médias ont pris la peine d’analyser ses actes et d’évaluer leurs impacts sur un peuple fatigué d’attendre le miracle venant d’une opposition divisée et médiocre. Ainsi par exemple, on a pu observer qu’en 2005 lors des cérémonies de Kpésosso, Faure fut reçu très fraîchement à Aného par la population encore sous le choc des massacres perpétrées lors de l’élection présidentielle ; mais en 2009, cette même population d’Aného réserve un accueil triomphal à ce même Faure. Pourquoi ? Aucun parti politique de l’opposition ne s’est posé cette question de fond ; mais si c’était le RPT, il aurait cherché à comprendre une telle évolution et tirer les leçons pour l’avenir. Pendant que l’opposition passait son temps à se fragiliser, à railler les actes poser par Faure et surtout à s’enfermer dans la certitude qu’elle est propriétaire des votes des togolais, elle ne remarque pas que les opinions évoluaient, comme le témoigne ces propos d’un ami que je sais anti RPT notoirement : « je vais voter Faure, car au moins avec lui je suis maintenant sûr que mon quartier sera assaini et la rue qui dessert ma maison sera aménagée… Tu sais, si jamais l’opposition venait au pouvoir, je suis sûr que ce projet sera détourné pour desservi le quartier et la rue d’un nouveau dirigeant, et moi, je l’aurai dans le baba ». Combien sont ils ces togolais séduits par des promesses ou réalisation de Faure, qui tout en se déclarant ouvertement opposant, savent que dans l’isoloir, ils voteront Faure ? On peut reprocher à juste titre à Faure d’avoir utilisé des méthodes condamnables pour arriver à ses fins. Mais quel autre candidat à sa place, disposant des moyens de l’Etat et d’une fortune colossale, n’aurait pas fait pareil, surtout dans cette Afrique où on entretient la misère pour asservir les électeurs ?
L’opposition togolaise ne fait que payer ces propres turpitudes. La politique est une science. Elle ne se fait pas dans la rue. Elle se conçoit froidement et s’applique méthodiquement. Actuellement, et c’est triste à reconnaître, trop peu de partis, à part le RPT sont capables d’intégrer cette donne. Faire de la politique, ce n’est pas se limiter à la démagogie et au poujadisme. Si nous voulons vraiment l’alternance, il est temps de repenser notre manière de faire de la politique. Il est temps de comprendre que personne, ne viendra de l’extérieur, pour nous aider à provoquer l’alternance. Nous devons donc tirer des leçons des expériences passées.
Ce scrutin, comme les autres est riche en enseignements. Mais avant de les exposer, nous devons nous poser la question si les résultats communiqués pas la CENI sont fiables. Sur le plan légal et des procédures, et en s’appuyant sur les conclusions des observateurs de l’Union européenne, on peut noter des dysfonctionnements qui devront conduire à l’annulation des résultats obtenus dans des BV (Bureaux de vote). Mais a priori cela ne changera pas grand chose à la situation : Faure sera toujours proclamé président. Sur le plan sociologique, ce scrutin est-t-il le reflet de l’opinion des togolais ? On ne saurait l’affirmer sans une démonstration objective ; mais ce qu’on peut dire sans trop se tromper, beaucoup d’électeurs ont voté avec leur ventre ou avec la haine au cœur. Pour le reste, seuls ceux qui ont animé les BV savent ce qu’ils ont faits.
Quelles leçons tirer de ce scrutin.
D’abord, il faut noter que le processus était vicié dès le recensement. En considérant les données du recensement électoral de 2009 et en les comparant aux celles de 2007, on note que Faure partait déjà avec cinq points d’avance. Autrement dit, on pourrait soupçonner un gonflement de la liste électorale dans la zone septentrionale en sa faveur. Qu’avons-nous dit ? Qu’avons-nous fait pour démontrer une telle anomalie ? On a passé le clair de notre temps à boycotter la CENI pour une histoire de présidence et à faire la navette en Ouagadougou et Lomé. Pendant ce temps on a laissé libre champs à nos adversaires qui se sont frottés les mains. Pendant la campagne seule la candidate de la CDPA, avait continué d’attirer l’attention de l’opinion sur une telle anomalie. Mais qui l’a vraiment écouté ? Comment veut-on gagner une élection où on part déjà avec cinq points de moins ? Il aurait fallu régler ce problème ou refuser d’aller aux élections perdues d’avance. Mais comme en 2005 on a choisi d’affronter le mammouth quelque que soit les conditions. Pourquoi faire semblant de pleurer maintenant ?
Contraintement à ce que les partis politiques affirment, le peuple sait voter « utile ». Les calculs politiques dans les officines de partis ne l’influencent guère. Il l’a démontré en 1998 et encore aujourd’hui. Il faut arrêter de parler au nom d’un peuple que l’on ne connait même pas. Il sait où il va et sait ce qu’il doit faire, à condition de lui montrer le chemin. La problématique de la candidature unique est un faux problème qui arrange en fait les deux grands partis.
Par ailleurs, les voix qui se sont portées sur les candidats de l’opposition n’égalent pas celles portées sur Faure. Cette situation s’expliquerait à partir de plusieurs facteurs : (i) dans les régions Maritime et Plateaux, censées être le fief de l’opposition, les électeurs soit ont boycotté les élections (les taux abstention frôlent les 50%), soit ils ne se sont pas inscrits (l’opposition n’a pas pris la peine de mobiliser ses électeurs pour se faire enregistrer), soit encore ils ont sanctionné l’opposition à cause de ses errements, ou soit enfin ils ont quitté le pays par peur des violences post électorales (comment vouloir que les gens votent alors qu’on les effraye ?). Inversement, les électeurs de la zone septentrionale se sont mobilisés massivement. En effet, les associations pro Faure les ont démarché et « convaincu » de se faire recenser pour voter. Ces électeurs ont été d’autant plus faciles à manipuler, quand on sait que l’opposition ne se donne aucune peine pour les conscientiser en profondeur. Ce n’est pas en bricolant à la veille des élections un FRAC, qui réunie autour de Fabre des responsables de partis politiques originaires du nord qu’on change la donne ; il suffit de noter le score du FRAC dans le Bassar natal de Kofi, la Kozah de Péré et Abi et Tone de Gogué pour s’en convaincre.
Les résultats de cette élection présidentielle, témoigne aussi que le vote ethnique persiste, même si Faure fait une « percée » remarquable dans les régions maritime et Plateaux. Cette division révèle aussi qu’on continue de voter avec son ventre et avec son cœur plein de haine, donc incapable de discerner.
Cette élection a permis un quasi renouvellement de la classe politique, ce qui augure un souffle nouveau à l'opposition, si elle veut bien prendre conscience, qu’en politique, rien n’est possible sans un minimum d’organisation ; surtout quand on a devant soit un parti politique qui dispose de moyen illimité et d’une expérience politique de plus de quarante ans.
Faure devance le candidat du FRAC dans les plateaux. Comment expliquer que ce fief traditionnel devienne pro Faure ? Les origines maternelles du candidat n’expliqueraient par tout, il faut aller au-delà de cliché traditionnel pour comprendre que Faure cherche à faire un rééquilibrage du pouvoir en faveur de la Région Plateaux. Pour preuve, il faut noter le nombre d’opposants originaire de cette région qui on choisir de faire ouvertement campagne (cas des Aïdam) ou discrètement pour Faure. Il sera intéressant de voir le poids des plateaux dans le prochain gouvernement ou dans les postes stratégiques.
Il faut enfin noter dans cette élection le poids insoupçonnable de la diaspora dans la formation de l’opinion, non seulement à travers ses écrits publiés sur des sites web et souvent repris par la presse locale ; mais aussi à travers la dépendance de nombreuses familles dont le quotidien dépend des transferts d’argents effectués par leurs rejetons a travers Western union. Ces familles ont intérêt à ne pas contrarier les directives données depuis l’étranger, sinon on leur coupe le robinet à fric. Il convient aussi de noter la grande médiocrité de cette diaspora togolaise, incapable de discernement, si l’on réfère à la qualité des échanges sur les sites web et aux initiatives tardives qu’elle a prises pour imposer un candidat unique. Pourquoi a-t-elle attendu la veille du scrutin pour poser un problème qu’elle aurait dû poser dès la fin des élections législatives de 2007 ? Si tenait tant à l’alternance, elle aurait dû pousser à juste titre l’opposition dans ce sens déjà après les élections de 2007.
Que faire maintenant ?
Comme d’habitude, nous crions au hold up électoral, avant même de réunir les preuves. Mais en fait seules trois possibilités s’offrent à nous :
- soit nous continuons, comme par le passé à trouver un bouc émissaire donc nous diaboliser en exprimant notre haine ou nos rancœurs ; ce faisant nous ne nous autorisons pas à réfléchir sans passion ; mais attention à ce rythme il est certain que ce régime a encore de beau jour devant lui ;
- soit nous cherchons, dans notre détresse légitime, à provoquer un coup d’Etat, en cherchant à provoquer des troubles, espérant que la frange conservatrice de l’armée pro Kpatcha prenne le pouvoir ; mais ici encore nos calculs son mauvais ; miser sur telle éventuellement est plus que de la bêtise ; comment demander à ses conservateurs actuellement marginalisé de venir à notre secours parce que nous sommes dans la détresse ? attention ne répliquons pas le cas de la Guinée après la mort de Conté ;
- soit enfin nous nous calmons, avalons notre rage pour nous réorganiser méthodiquement pour essayer de gagner les élections législatives anticipées ou prévues pour 2012 et là on se donne réellement les moyens de prendre le pouvoir en 2015 ; ce que fait l’opposition gabonaise.
La passion et la haine n’ont jamais fait quelque chose de grand et de durable. Mais tant que nous serons dans cette logique, tant que nous orientons le peuple vers cette logique, nous nous condamnons à payer l’addition.
Koudjo Gbégblou ( Libre opinion )
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Commentaires
je pense que to analyse n'a pas de sens dans un pays comme le Togo ou les trois branches A savoir le pouvoir legislative, le pouvoir excecutive et le pouvoir justiciare son controler par le president de la republic Togolais et et ses gangs. Le togo est un regime totalitaire et despoitique. Je pense plutot que les togolais doivent se radicaliser maintenant.Et puis tu as oublier de mentioner dans ton analyse qu'il y a des parties politique qui se disent de l'opposition mais vrai sens des chose ne le sont pas. Ils sont financer par le RPT. Regarder quelqu'un comme Lawson-Bassabi-Gninivi-et Agboyibor. Citer
1. Supposons que le RPT a fraudé. Serait-ce une nouveauté ? Ne savions-nous pas depuis toujours que le RPT a l'habitude de frauder ? Qu'est-ce que l'opposition a fait pour contrer cela ?
2. Depuis le hold-up électoral de 2005 qui a porté Faure au pouvoir, tout le monde savait qu'il y aurait une autre élection en 2010. Pourquoi avoir alors attendu 15 jours avant le scrutin pour se mettre à gesticuler sur le sujet de candidature unique, semant ainsi la confusion dans l'esprit des militants?
3. On serait alors tenté de penser que l'opposition (UFC en tête) savait qu'elle n'allait pas gagner. Elle a donc tracé un boulevard à Faure jusqu'à la victoire. Elle vient maintenant faire des simulacres de marche de protestation, pour berner encore le peuple. Déjà Gilchrist avait fait le faux malade pour éviter de déposer sa candidature !! Nous ne sommes pas dupes !! Ensuite, comment peut-on revendiquer sa victoire sans même connaître par quel score on a gagné ? (entre 55% et 60%, dixit JPF de UFC).
4. Dès aujourd'hui, nous savons tous qu'il y aura une autre élection présidentielle en 2015. Je parie que l'UFC va encore attendre février 2015 pour demander aux gens de se rallier derrière elle, pour aller perdre et pour venir encore organiser des marches de protestation !! C'est connu d'avance !!
5. Chers amis de l'opposition, je vous lance le défi. Si vous êtes réellement opposants, c'est dès aujourd'hui qu'il faut se mettre au travail, en bâtissant une stratégie solide pour la conquête du pouvoir.
Humblement, votre frère Jacques Citer
Et j'ajouterais même que d'ici 5ans l'opposition n'aura pas 30% à Lomé si elle continue sur cette lancée. Faire politique,c'est avoir une stratégie aussi.Ce qui ne manque pas au RPT. Tout est à revoir au niveau de l'opposition.
UFC et Fabre n'ont qu'à déjà réunir une certains nombres de preuves appelés des médias et les montrés que des élections ont été truquées, nous nous voulons des chiffres. Pas ce qui sort d'une bouche qui s'est déjà contredit pas qu'une seule fois. Certes UFC à gagner dans Lomé et ses environs. Mais je crois que le Togo ne se limite pas qu'à Lomé. Sinon c'est le reflet de ce que l'UFC compte venir faire aussi au pouvoir. Fabre ne parle qu'Ethnie et appartenance régionale dans ses propos. Il ferait mieux à chercher à s'implanter dans le nord du pays que rester Lomé. Sinon il sera surpris lorsque le RPT aura tout pris sont électorat dans Lomé.
Et maintenant arrêtez d'en merder le monde. Et préparez l'avenir sinon c'est la mort prochaine pour l'UFC. Citer
SOPHISME MON CUL.
KOUDJO BRAVO BRAVO BRAVO BRAVO CES CONS ONT BESOIN DE LECON. Citer
pauvre de vous qui ne savez que dire merci ou encore bravo! je me demande d ailleurs si vous comprenez l' article, pis encore si vous l avez lu;
ne point connaître l orthographe du mot "analyse" ne me surprend guère; par contre ne même pas être capable de le copier chez celui qu'on vient d' encenser me paraît médiocre; shuannnnnnnnnnn
regardez par ici "Patiemment il pose ses jalons pour sa réélection en 2010. Comme d’habitude, très peu de médias ont pris la peine d’analyser ses actes et d’évaluer leurs impacts sur un peuple fatigué d’attendre le miracle venant d’une opposition divisée et médiocre. "
quant à l'article lui même, je n'y vois que du sophisme… Citer
Le togo n'est pas un pays comme les autres. L'avenir des togolais est juste hypothéqué par un gang qui s'enfoue du sort du peuple et une fois qu'il sera chassé , on pourra alors faire la politique et des analyses comme tu sais bien le faire.
Merci! Citer
UN SEUL MOT BRAVO
Koudjo Gbégblou LORQUE L'OPPOSITION prendra en compte ton annalyse, alors , elle gagnera
UN SEUL MOT BRAVO Citer
Vous penser qu'il faudra chaque 5 ans accepter cette injustice? J'ai comme l'impression que vous ne connaissez pas le cas du Togo. De grâce, nous ne nous amusons. Un peuple aspire à un meilleur. Personne n'a le droit de l'en priver. Arrêtons ces beaux discours. Tant que la volonté du peuple ne sera pas pris en compte, ça ne marchera pas. Le peuple ne suivra pas. Et même les dirigeants ne se sentiront pas redevable au peuple. Respectons nous; d'accord? Ces personnes (du RPT)savent qu'ils ont volé encore une fois. Arrêtons s'il vous plait. Citer
c'est bien beau de faire des analyses et des suppositions mais quand on ne connaît pas bien le cas togolais, vaut mieux se taire. Citer
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