Les parutions de la semaine se sont attaquées diversement aux plaintes et procès contre plusieurs journaux privés du pays. « Le code de la presse est en danger » proclame le quotidien Liberté sur un ton de S.O.S. Pour le journal visé par l’une des cinq (5) plaintes du président de la République, Faure Gnassingbé, le code togolais de la presse traverse une zone qui ne devrait pas laisser indifférentes les organisations corporatives.
« Les plaignants choisissent délibérément de piétiner les textes régissant la profession de journaliste, notamment le code de la presse et de la communication en optant pour l’application du code pénal », écrit en effet le journal de Zeus Aziadouvo. Les organisations de presse ne doivent donc pas « se laisser marcher sur les pieds ».
L’Indépendant Express qui se retrouve également dans le collimateur du pouvoir avec, pour l’instant, deux plaintes du Chef de l’Etat, regrette le durcissement de ton du pouvoir vis-à-vis de la presse. Pour l’hebdomadaire, le pouvoir a décidé de s’attaquer aux journaux qui deviennent de plus en plus critiques à l’égard de la politique du gouvernement, après avoir neutralisé l’opposition.
Au même diapason, l’hebdomadaire Le Regard qui dénonce la multiplicité des procès, préconise ironiquement que les quasi quotidiens Forums de la presse organisés par les médias audios, se tiennent plutôt au Palais de Justice, les mercredis jours des procès.
« Faure a décidé de bâillonner la presse qui refuse de regarder dans la même direction que lui », souligne pour sa part Le Canard Indépendant. Pour le journal, le pouvoir a visiblement fait le choix d’étouffer la contestation par la méthode forte, car le pouvoir est « secoué par la contestation depuis l’annonce de la réélection de Faure Gnassingbé à l’issue de l’élection présidentielle du 04 mars 2010 ». Le journal dénonce ce qui est semblable, malgré tout, à un « procès politique » dont le but inavoué serait « l’autocensure ».
Un autre son de cloche chez La Dépêche, journal réputé proche du pouvoir. « Que dit le code de déontologie », titre le journal qui reproduit intégralement le code dans ses colonnes. La Dépêche, déjà condamné dans le passé pour manque de déontologie devant un Tribunal lorsqu’il a osé s’attaquer à un des leurs (du sérail), prend aujourd’hui la défense des plaignants dont Faure Gnassingbé contre la corporation de la presse. Le journal qui évoque les « dérapages de la presse », soutient qu'« au mépris des textes régissant la profession, on a insulté, diffamé, injurié et attaqué la vie privée d'honnêtes personnes ».
( www.mo5togo.com )
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Le SLAPP ou "poursuite-baillon"
(Procedure à implanter au Togo: c'est un souhait)
Le SLAPP (Strategic Lawsuit Against Public Participation), expression juridique Nord-Américaine, désigne les "poursuites-baillons" (expression québécoise) que de grosses entreprises développent abusivement contre des mouvements citoyens et des lanceurs d’alerte pour neutraliser leurs activités. Des lois ou projets de lois sont en cours aux Etats-Unis, Australie, Canada pour encadrer ces pratiques qui ont pris de l’ampleur ces dernières années. En Europe et en France, ce problème, comme celui du lobbying d’intérêts industriels et financiers, est encore assez peu pris en compte.
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Qu’est ce que le SLAPP ou poursuite-baillon ?
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L’expression Strategic Lawsuit Against Public Participation renvoit à la notion de poursuites (en justice) stratégiques contre la participation (mobilisation) publique. Ces "poursuites-baillons" consistent en procès ou menaces de procès, généralement pour diffamation, atteinte à la réputation de l’entreprise, demandant des dommages et intérêts sans rapport avec les capacités financières des associations concernées à faire face à de telles procédures. L’objectif est déstabiliser le mouvement citoyen ou la personne individuelle lanceuse d’alerte, de l’affaiblir en l’obligeant à concentrer ses énergies et ses moyens matériels et humains pour se défendre. L’entreprise retire parfois sa plainte quand elle estime son adversaire amoindri ou neutralisé.
Ressources web
Article de Wikipedia donnant différents exemples de SLAPP
Point de vue d’ATTAC Québec
Rubrique de la Fondation Sciences Citoyennes sur les actions en cours contre des lanceurs d’alerte scientifiques
Affaire TASER contre le RAIDH
Associations
Le site California Anti-Slapp Project recense des actions de SLAPP en Californie et offre des ressources pour se défendre, comme un Survival Guide for SLAPP Victims
SLAPP Resource Center : Centre de ressources et d’information sur le SLAPP
Le First Amendment Project est une organisation non lucrative visant à la protection et la promotion de la libertés d’information, d’expression et de pétition, conformément au Premier Amendement de la Constitution américaine.
Le National Whistleblowers Center (NWC) (Centre national des lanceurs d’alerte) est une organisation de plaidoyer engagée depuis vingt ans dans la protection des droits des personnes à s’exprimer sans risque de répressions concernant des problèmes survenant dans les lieux de travail. Citer
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