Cher Tavio, en 1994 je t’avais dédicacé ma pièce Nuit de Cristal.
Tu étais dans la tombe déjà, depuis l’assassinat qui te faucha la vie le 23 juillet 1992; donc je ne sais pas si tu as pu jeter un coup d’œil sur ce texte qui racontait, de façon maladroite, nos désillusions de rêveurs éveillés dans le Togo du Général Eyadema.
Aujourd’hui, 23 juillet 2006, je t’écris encore, avec l’assurance cette fois-ci que des bribes de ma lettre atteindront les rivages de l’océan qui nous sépare. Ce matin, j’ai allumé l’encens du Tibet, pour accueillir ton souffle en ma demeure, auprès de moi pour quelques heures, et deux cierges, une pour le parti que tu créas, le PSP (Parti Socialiste Panafricain), qui n’a pas survécu à ta mort, et une autre pour le MO5 (Mouvement du 05 Octobre) dont tu fus membre fondateur, un MO5 qui survit vaille que vaille malgré l’exil de la plupart de ses animateurs.